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Don du vivant : donner un rein ou une partie du foie à un proche

Le don du vivant

Donner un rein à son frère, une partie de son foie à sa fille, ou encore un rein à un ami de longue date : le don du vivant permet de sauver un proche malade. En 2025, il a permis 614 greffes en France, soit une greffe sur dix. Pourtant, ce geste reste encore méconnu. Comment se passe-t-il ? Qui peut donner ? Quels sont les risques ? Voici l’essentiel à savoir.

Chiffres du don du vivant en France en 2025 : 614 greffes de donneurs vivants, dont 603 greffes de rein et 11 greffes de foie

Qu’est-ce que le don du vivant ?

Le don du vivant consiste à donner, de son vivant, un organe ou une partie d’organe à un proche qui en a besoin. Le plus souvent, il s’agit d’un rein : en effet, on peut vivre normalement avec un seul rein. Plus rarement, le donneur offre une partie de son foie, qui a la propriété de se régénérer.

En 2025, la France a ainsi réalisé 603 greffes de rein et 11 greffes de foie grâce à des donneurs vivants, selon l’Agence de la biomédecine.

Qui peut faire un don du vivant ?

La loi encadre strictement le don du vivant. Le donneur doit être majeur et ne pas faire l’objet d’une mesure de protection. Surtout, il doit avoir un lien proche avec le receveur. Peuvent ainsi donner :

  • le père ou la mère du receveur ;
  • son conjoint, ses frères et sœurs, ses enfants, ses grands-parents, ses oncles et tantes, ses cousins germains, ou encore le conjoint de son père ou de sa mère ;
  • une personne qui vit en couple avec lui depuis au moins deux ans ;
  • enfin, depuis 2011, toute personne qui a avec lui un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans, par exemple un ami proche.

Dans tous les cas, le don reste gratuit : le donneur ne reçoit aucune rémunération.

Pourquoi le don du vivant change tout pour le receveur

Le don du vivant offre de réels avantages. D’abord, le greffon fonctionne en moyenne plus longtemps qu’un organe venu d’un donneur décédé : environ 15 % de survie en plus pour une greffe de rein. Ensuite, l’équipe peut programmer l’opération au meilleur moment, parfois même avant le début de la dialyse. Enfin, le patient n’attend pas sur la liste nationale, où l’attente dure souvent plusieurs années.

Les étapes du don du vivant

Le don du vivant suit un parcours rigoureux, pensé pour protéger le donneur :

Le parcours du donneur vivant en quatre étapes : bilan médical, comité d’experts, consentement écrit devant un magistrat, opération et suivi à vie
  • d’abord, un bilan médical complet vérifie que le don ne met pas en danger la santé du donneur ;
  • ensuite, un comité d’experts reçoit le donneur. Il vérifie que son choix est libre et qu’il comprend bien les enjeux. Pour un père ou une mère, le comité informe le donneur. Pour tous les autres donneurs, il doit en plus autoriser le prélèvement ;
  • puis le donneur exprime son consentement par écrit devant le président du tribunal judiciaire ou un magistrat désigné ;
  • enfin, l’opération a lieu dans un hôpital autorisé. Après le don, il faut prévoir un arrêt de travail d’au moins quatre semaines.

À tout moment, et jusqu’à l’opération, le donneur peut revenir sur sa décision, sans avoir à se justifier.

Le don croisé, quand le proche n’est pas compatible

Parfois, un proche veut donner, mais son organe n’est pas compatible avec le receveur. Le don croisé offre alors une solution. Deux paires « donneur-receveur » incompatibles échangent leurs donneurs : chaque donneur donne son rein au receveur de l’autre paire, qui lui est compatible. Pour mieux comprendre, lisez l’exemple de notre FAQ.

Schéma du don croisé : deux paires donneur-receveur incompatibles échangent leurs donneurs, qui sont compatibles avec l’autre receveur

Depuis la loi de bioéthique du 2 août 2021, une chaîne peut réunir jusqu’à six paires. De plus, un organe prélevé sur une personne décédée peut compléter la chaîne. Toutes les opérations ont lieu dans un délai de 24 heures, et l’anonymat reste garanti. En 2025, le don croisé a permis 8 greffes de rein.

Quels risques pour le donneur ?

Comme toute opération, le prélèvement comporte des risques. Selon les recommandations de l’Agence de la biomédecine pour le don de rein, environ 20 % des donneurs connaissent une complication, le plus souvent légère. Les complications graves concernent 2 à 3 % des donneurs. Le risque de décès reste très faible : environ 3 pour 10 000.

Après le don, le rein restant compense en partie : le donneur perd environ 30 % de sa fonction rénale initiale. Pourtant, son risque d’insuffisance rénale à long terme reste faible, de l’ordre de 0,3 % à 15 ans. Il ne dépasse pas celui de la population générale de même profil. Le donneur doit toutefois surveiller sa tension artérielle. C’est pourquoi il bénéficie d’un suivi médical annuel, à vie.

Don de rein du vivant, repères sur les risques : 3 décès pour 10 000, 2 à 3 % de complications graves, 0,3 % d’insuffisance rénale à 15 ans, 4 semaines d’arrêt de travail

Aucun frais pour le donneur

Le donneur ne doit rien payer. L’hôpital qui réalise le prélèvement prend en charge les examens, l’opération et le suivi. Par ailleurs, il rembourse, sur justificatifs, les frais de transport et d’hébergement, ainsi que la perte de revenus. Pour connaître les montants, consultez la fiche officielle sur sante.fr.

Un don du vivant encore trop rare

En 2025, le don du vivant représentait 15,6 % des greffes de rein. Le plan greffe visait pourtant 20 %. Mieux faire connaître ce don peut donc aider de nombreux malades. Si un proche attend une greffe, parlez-en à son équipe de néphrologie ou de greffe : elle vous expliquera la démarche. Pour en savoir plus sur les autres formes de don, lisez aussi nos pages sur le don d’organes et sur le don de tissus. Le don de moelle osseuse, lui, passe par une inscription sur le registre national : dondemoelleosseuse.fr.

Sources : Agence de la biomédecine, bilan des greffes 2025 et recommandations sur le don de rein du vivant (2023) ; sante.fr ; loi n° 2021-1017 du 2 août 2021 relative à la bioéthique.