Le don de tissus
Quand on parle de don d’organes, on pense au cœur, au rein ou au foie. Pourtant, le don de tissus soigne et répare aussi des milliers de vies chaque année. Cornée, peau, os, valves cardiaques ou vaisseaux : ces tissus permettent de rendre la vue, de soigner les grands brûlés ou d’opérer le cœur d’un enfant. Le don de tissus reste toutefois moins connu que le don d’organes. Voici donc l’essentiel à savoir.

Qu’est-ce que le don de tissus ?
Un tissu est un ensemble de cellules qui remplissent la même fonction. Contrairement aux organes, les tissus se conservent longtemps dans des banques de tissus. Par exemple, une cornée peut attendre jusqu’à un mois avant la greffe, et la peau congelée jusqu’à deux ans. Les équipes disposent ainsi de plus de temps pour trouver le patient qui en a besoin.
En France, 28 banques de tissus préparent, contrôlent et conservent ces greffons. Elles les distribuent ensuite aux équipes chirurgicales de tout le pays.
Quels tissus peut-on donner ?
Après le décès, les équipes peuvent prélever plusieurs tissus, selon l’Agence de la biomédecine :
- les cornées, qui permettent de rendre la vue ;
- la peau, pour soigner les grands brûlés ;
- les os, les tendons et les ligaments, pour la chirurgie orthopédique ;
- les valves cardiaques, notamment pour opérer des enfants nés avec une malformation du cœur ;
- enfin, les artères et les veines, pour remplacer des vaisseaux malades ou infectés.
La cornée, le tissu le plus greffé
La cornée est la fine membrane transparente à l’avant de l’œil. Lorsqu’elle s’abîme, la vue se trouble, parfois jusqu’à la cécité. Une greffe peut alors rendre la vue. En 2024, les chirurgiens français ont ainsi réalisé 6 010 greffes de cornée. Pourtant, 4 521 patients attendaient encore une cornée à la fin de l’année, un niveau record. Bonne nouvelle : l’Agence de la biomédecine recense 7 209 prélèvements de cornées en 2025, un chiffre en hausse.
Peau, os, valves : des greffes qui réparent
La peau prélevée sert de pansement biologique aux grands brûlés : elle protège les plaies et favorise la cicatrisation. Les os et les tendons aident, quant à eux, à reconstruire un squelette abîmé, par exemple après une tumeur ou l’usure d’une prothèse. De leur côté, les valves cardiaques et les artères rendent possibles des opérations délicates du cœur et des vaisseaux.
Le don de tissus de son vivant
On peut aussi donner des tissus de son vivant, souvent sans y penser. Par exemple, lors de la pose d’une prothèse de hanche, le chirurgien retire la tête du fémur. Si le patient ne s’y oppose pas, après en avoir été informé, ce « résidu opératoire » peut devenir une greffe d’os. De même, après une césarienne programmée, le placenta peut fournir de la membrane amniotique. Celle-ci sert notamment à soigner certaines lésions de l’œil.
Ces dons du vivant représentent l’essentiel de l’activité. En 2024, 47 219 personnes ont en effet donné des tissus de leur vivant, soit 87 % des donneurs. Les têtes fémorales ont permis à elles seules de greffer 73 510 patients.
Comment se passe le don de tissus après le décès ?
Le don de tissus suit la même loi que le don d’organes. Chacun est donc présumé donneur, sauf s’il a exprimé son refus. Le don reste gratuit et anonyme. Avant tout prélèvement, l’équipe de coordination hospitalière consulte le Registre national des refus. Puis elle interroge les proches sur la volonté du défunt.
Le don de tissus reste possible dans bien plus de situations que le don d’organes. En effet, il peut avoir lieu après un arrêt cardiaque, même lorsque les organes ne peuvent pas être greffés. Ainsi, en 2024, 5 988 personnes décédées d’un arrêt cardiaque ont donné uniquement des tissus. De plus, le prélèvement peut se faire plusieurs heures après le décès, selon les conditions de conservation du corps.
Enfin, les équipes respectent le corps du défunt. Après un prélèvement de cornée, une lentille transparente préserve l’apparence de l’œil. La peau, elle, se prélève sur des zones non visibles, comme le dos ou les cuisses. L’équipe habille ensuite le corps et le rend à la famille, qui organise les obsèques qu’elle souhaite. Les proches ne paient aucun frais.
Peut-on refuser le don de certains tissus ?
Oui. Vous pouvez refuser le don de tous vos organes et tissus, ou seulement de certains. Le Registre national des refus propose ainsi plusieurs choix : cornées, peau, vaisseaux, valves, ou encore os, tendons et cartilages. Pour connaître toutes les démarches, lisez notre page Comment refuser.
À l’inverse, si vous acceptez le don de tissus, dites-le simplement à vos proches. Ils pourront alors témoigner de votre choix le moment venu.
Le don de tissus, un geste trop souvent oublié
En 2025, 7 524 personnes décédées ont fait un don de tissus, selon l’Agence de la biomédecine. Chacune peut aider plusieurs patients à la fois. Parler du don de tissus en famille, c’est donc offrir une chance de plus à des milliers de malades. Pour en savoir plus, consultez notre page sur le don d’organes, notre FAQ ou le site officiel dondorganes.fr.
Sources : Agence de la biomédecine, rapport médical et scientifique 2024 sur les tissus et sur les cornées, et bilan des greffes 2025.
